Dans une interview accordée au journal français Libération, le Dr Caroline Moreau, directrice de recherche à l’Institut William H. Gates Sr. pour la population et la santé reproductive (WHGI) et professeure au département Population, famille et santé reproductive, a évoqué une nouvelle étude nationale mettant en lumière des changements majeurs dans l’utilisation des contraceptifs en France.
Cette étude, codirigée par le Dr Moreau, a révélé que la pilule contraceptive n'est plus la méthode contraceptive la plus couramment utilisée en France. Son utilisation a considérablement diminué — passant de 56 % des femmes en 2000 à 26,6 % en 2023 — tandis que celle des dispositifs intra-utérins (DIU) et d'autres méthodes à longue durée d'action a augmenté.
Dans cette interview, le professeur Moreau a expliqué que l'intérêt croissant pour les méthodes à action prolongée et non hormonales reflète l'évolution des mentalités en matière de santé reproductive, d'autonomie corporelle et de choix éclairé. Les méthodes naturelles représentent désormais environ 8 % des moyens de contraception utilisés par les femmes vivant dans des relations hétérosexuelles, les applications de suivi des cycles menstruels gagnant en popularité auprès des femmes intéressées par les méthodes non hormonales et souhaitant mieux contrôler leur santé reproductive.

Il est essentiel que chaque femme puisse faire un choix éclairé en matière de prévention des grossesses non désirées.
Réflexion sur un choix contraceptif plus large
Le Dr Moreau a souligné que ces nouvelles tendances en matière de contraception ne devaient pas être considérées simplement comme un rejet de la contraception hormonale, mais comme s'inscrivant dans une évolution plus large vers une offre contraceptive diversifiée et une prise de décision centrée sur la patiente.
Elle a également souligné que le scepticisme croissant à l'égard de la contraception hormonale a influencé le débat public sur la santé reproductive en France. « Nous devons accompagner ces changements sans céder au discours alarmiste sur les hormones », a déclaré le Dr Moreau lors de l'interview.
Le Dr Moreau a également souligné l'importance de veiller à ce que les femmes aient accès à des informations fiables sur l'ensemble des méthodes contraceptives disponibles, tout en continuant à lutter contre les inégalités en matière d'accès aux soins de santé reproductive. « Il est essentiel que chaque femme puisse faire un choix éclairé pour prévenir les grossesses non désirées », a-t-elle déclaré.







