Contexte : Les estimations actuelles concernant les comportements des adolescents en matière de santé sexuelle et reproductive (ASRH) pourraient être largement sous-estimées, compte tenu du caractère sensible de ces comportements dans la culture indienne. L'objectif de cette étude était d'évaluer ces comportements au Rajasthan, en Inde, à l'aide de questions directes et de la méthode dite du « meilleur ami », qui vise à réduire le biais de désirabilité sociale.
Méthodes : Nous avons utilisé des données issues d’une enquête de population portant sur des adolescentes âgées de 15 à 19 ans au Rajasthan, recueillies entre septembre et décembre 2022. Ces données indiquent si la personne interrogée et sa meilleure amie ont déjà eu un partenaire, ont déjà eu des rapports sexuels, ont déjà utilisé un moyen de contraception et utilisent actuellement un moyen de contraception. Nous avons estimé les résultats relatifs à la santé sexuelle et reproductive des adolescentes (ASRH) pour la personne interrogée et sa meilleure amie séparément, tant globalement que parmi les adolescentes non mariées, pour lesquelles nous anticipons que le biais de désirabilité sociale est le plus important.
Résultats : L’approche « meilleur ami » s’est avérée efficace, les hypothèses de la méthode étant largement vérifiées avant même tout ajustement. Les estimations des personnes interrogées et de leurs meilleurs amis étaient similaires chez tous les adolescents, sauf en ce qui concerne l’utilisation actuelle de contraceptifs, qui était plus élevée chez les amis (bien que cette différence ne soit pas significative). Cependant, nous avons observé d’importantes différences dans les comportements liés à la santé sexuelle et reproductive des adolescents entre les personnes interrogées non mariées et leurs amis, avec un pourcentage significativement plus élevé d’amis ayant déjà eu un partenaire (4,3 % des personnes interrogées, 11,6 % des amis), ainsi qu’un pourcentage légèrement plus élevé d’amis ayant déjà eu des rapports sexuels (2,4 %, 3,8 %) et utilisant actuellement une contraception (17,0 %, 19,7 % parmi ceux qui en ont besoin).
Conclusions : Nous avons constaté que l'utilisation de la méthodologie du « meilleur ami » pouvait présenter des avantages pour l'estimation de l'activité sexuelle avant le mariage ; toutefois, des travaux supplémentaires sont nécessaires pour affiner les mesures, fondées sur les réseaux sociaux, des comportements sensibles chez les adolescents, à partir d'échantillons plus importants, afin de mieux cerner les besoins en matière de santé sexuelle et reproductive des adolescents.