Contexte : Bien que le calendrier reproductif soit le principal outil permettant d’évaluer la dynamique contraceptive dans les pays à faibles revenus, la fiabilité des données issues de ce calendrier a rarement été évaluée, principalement en raison du manque de données de panel longitudinales.
Méthodes : Dans le cadre de cette étude, nous avons évalué le calendrier reproductif à partir des données du projet « Performance Monitoring for Action ». Nous avons utilisé des données longitudinales issues d’études de population provenant de neuf sites répartis dans sept pays : le Burkina Faso, le Nigeria (États de Kano et de Lagos), la République démocratique du Congo (provinces de Kinshasa et du Kongo Central), le Kenya, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire et l’Inde. Pour évaluer la fiabilité, nous avons comparé le rapport transversal initial sur l’utilisation de la contraception (globale et par méthode contraceptive), la non-utilisation ou la grossesse avec les données rétrospectives du calendrier reproductif pour le mois correspondant, recueillies lors du suivi. Nous avons utilisé des régressions multivariées pour identifier les caractéristiques associées à la fiabilité ou à la déclaration.
Résultats : Dans l'ensemble, nous constatons que la fiabilité du calendrier se situe dans la fourchette « modérée/substantielle » pour la quasi-totalité des zones géographiques et des tests (coefficient kappa compris entre 0,58 et 0,81). Les indicateurs de complexité du calendrier (nombre d'épisodes d'utilisation de contraceptifs, recours à une méthode à longue durée d'action au début de l'étude) sont associés à la fiabilité.
Conclusions : Nous constatons également que, dans plusieurs pays, les femmes qui utilisaient un moyen de contraception à l'insu de leur partenaire ou de leur mari (c'est-à-dire en secret) étaient moins susceptibles de fournir des informations fiables.