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Publications et ressources du WHGI

Au-delà de la sécurité : les lignes directrices de l'OMS de 2022 sur l'avortement et l'avenir de l'évaluation de la sécurité des avortements

Auteurs : Suzanne Bell

Année de publication : 2022

Lien vers le fichier : https://doi.org/10.1136/bmjgh-2022-009557

Contexte : En mars 2022, l'OMS a publié des recommandations actualisées synthétisant les données scientifiques disponibles et les meilleures pratiques en matière de prise en charge de qualité de l'avortement. Pour la première fois, ces recommandations incluent l'autogestion de l'avortement médicamenteux comme modèle de prise en charge pleinement recommandé.

Méthodes : Ces nouvelles recommandations pourraient transformer l’accès à l’avortement si les organismes internationaux, les gouvernements et les systèmes de santé élargissaient l’accès aux pilules d’avortement médicamenteux et à un accompagnement par des professionnels formés. Elles ont également des implications importantes sur la manière dont nous conceptualisons et mesurons la sécurité de l’avortement. La sécurité de l’avortement a historiquement été conceptualisée dans une perspective purement biomédicale (clinique et de santé publique) et s’appuyait sur des indicateurs de processus cliniques (méthode, prestataire et cadre) pour sa classification. Cette opérationnalisation exigeait que l’avortement soit pratiqué selon une méthode recommandée, par un prestataire dûment formé, dans un établissement approprié, pour être considéré comme « sûr ».

Résultats : Au fil du temps, cependant, à mesure que les connaissances, la disponibilité et l'utilisation des médicaments abortifs (misoprostol, associé ou non à la mifépristone) se sont développées en dehors du cadre des cliniques, les indicateurs de processus (méthode, prestataire, cadre) qui définissaient le paradigme de la sécurité de l'avortement n'étaient plus aussi directement liés au risque biomédical.

Conclusions : Ce commentaire aborde les limites de l’approche actuelle en matière d’évaluation de la sécurité de l’avortement, souligne la nécessité de reclasser l’avortement autogéré dans la catégorie « sûr » et appelle à l’émergence d’un nouveau paradigme pour l’évaluation et la compréhension des expériences d’avortement à l’échelle mondiale, centré sur une conception des soins de qualité fondée sur les droits pour toutes les situations d’avortement.