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Publications et ressources du WHGI

Contraceptifs auto-injectables : cet investissement reflète-t-il les préférences des femmes ?

Auteurs : Shannon Wood, Linnea Zimmerman, Philip Anglewicz

Année de publication : 2022

Lien vers le fichier : https://doi.org/10.1136/bmjgh-2022-008862

Contexte : L’acétate de médroxyprogestérone à libération prolongée par voie sous-cutanée (DMPA-SC) est une méthode contraceptive innovante destinée à répondre aux situations et aux besoins spécifiques des femmes, notamment grâce à la possibilité de s’auto-injecter le produit. Des investissements considérables ont été consacrés à la recherche et au plaidoyer afin de promouvoir le déploiement du DMPA-SC en Afrique subsaharienne. À ce jour, les études sur la demande de DMPA-SC en tant que méthode auto-injectable ont été menées principalement auprès de professionnels de santé, par le biais de recherches qualitatives, ou auprès de sous-échantillons très spécifiques qui ne sont pas représentatifs de la population générale.

Méthodes : À partir de trois séries récentes de données issues du programme « Performance Monitoring for Action », nous avons examiné les tendances représentatives de la population en matière de demande, de recours et de préférence pour l’auto-injection chez les personnes qui n’en font actuellement pas usage au Burkina Faso, en République démocratique du Congo (régions de Kinshasa et du Kongo Central), au Kenya et au Nigeria (États de Lagos et de Kano).

Résultats : Nous avons constaté que, bien que plus de 80,0 % des femmes aient entendu parler des contraceptifs injectables dans l’ensemble des contextes étudiés, peu d’entre elles avaient entendu parler de l’auto-injection (ce pourcentage allant de 13,0 % au Kenya à 24,8 % au Burkina Faso). Malgré une augmentation initiale de la prévalence du DMPA-SC, son utilisation a commencé à stagner, voire à diminuer, dans tous les contextes au cours des trois dernières années (à l’exception de Kano, au Nigeria). Peu (0,0 % à 16,7 %) des utilisatrices actuelles du DMPA-SC s’auto-injectaient ; la majorité d’entre elles comptaient plutôt sur un professionnel de santé pour l’administration du DMPA-SC. Parmi les femmes qui n’utilisent actuellement aucun moyen de contraception mais souhaitent recourir à un contraceptif injectable à l’avenir, seules 1,5 % à 11,4 % préféraient s’auto-injecter.

Conclusions : Nos résultats montrent que l’auto-injection est peu courante et que la demande en la matière est très limitée dans les six contextes étudiés, ce qui justifie la poursuite des recherches qualitatives et quantitatives sur le point de vue des femmes concernant le DMPA-SC et l’auto-injection et, à terme, sur leurs préférences et leurs besoins en matière de contraception.