Contexte : Il est important de comprendre comment les individus définissent l’infertilité, compte tenu de la stigmatisation et des conséquences psychosociales qui y sont associées, en particulier en Afrique subsaharienne où l’infertilité est à la fois un trouble médical et un phénomène social. Le simple fait d’être perçu comme stérile peut avoir des répercussions. Dans cette étude, nous examinons comment les hommes et les femmes de deux districts ougandais définissent l’infertilité et quels critères ils utilisent pour l’identifier, en analysant comment ces définitions varient selon le type d’infertilité (primaire, secondaire) et le genre.
Méthodes : Nous avons mené 48 entretiens approfondis et 8 groupes de discussion auprès de femmes et d’hommes en âge de procréer dans deux districts ougandais. Les participants ont été sélectionnés de manière ciblée afin d’assurer un équilibre entre les sexes, les lieux de résidence, la parité et les expériences en matière d’infertilité. Les données ont été analysées à l’aide d’une analyse thématique associée à une comparaison constante afin d’identifier des tendances, avec le soutien d’un travail de codage, de prise de notes et de discussions régulières au sein de l’équipe.
Résultats : Trois thèmes principaux se sont dégagés : premièrement, l’infertilité était généralement considérée comme permanente — conceptuellement équivalente à la stérilité —, ce qui faisait apparaître l’infertilité secondaire comme un paradoxe aux yeux de nombreuses personnes. Deuxièmement, la durée prise en compte pour identifier l’infertilité variait considérablement, allant de quelques mois à plusieurs décennies, avec des différences notables entre les sexes. Troisièmement, les participants utilisaient de nombreux critères relationnels pour identifier l’infertilité, notamment les caractéristiques du partenaire, des facteurs individuels (âge, sexe) et des comparaisons avec leurs pairs.
Conclusions : Les résultats suggèrent que les Ougandais s'appuient sur des critères variés et souvent multiples pour identifier l'infertilité, ce qui reflète une interaction complexe entre des facteurs temporels, contextuels et relationnels. Ce travail décrit les nuances de l'infertilité en tant que phénomène socialement construit dans le contexte ougandais, ce qui a des implications importantes pour les recherches et les programmes futurs.