Contexte : Valider une sous-échelle relative à l'autonomisation sexuelle de l'Indice d'autonomisation sexuelle et reproductive des femmes et des filles (WGE-SRH) dans huit pays d'Afrique subsaharienne et d'Asie, et comparer le niveau d'autonomisation sexuelle dans ces différents contextes.
Méthodes : Cette étude s’appuie sur des données d’enquête transversales et représentatives de la population, recueillies auprès de femmes en âge de procréer au Burkina Faso (n = 4 012), en Côte d’Ivoire (n = 2 278) ; à Kongo Central, en République démocratique du Congo (RDC) (n = 1 097) ; à Kinshasa, en RDC (n = 1 143) ; au Rajasthan, en Inde (n = 4 004) ; au Kenya (n = 5 454) ; à Kano, au Nigeria (n = 780) ; à Lagos, au Nigeria (n = 804) ; au Niger (n = 2 286) ; et en Ouganda (n = 2 228) afin de valider huit mesures d’autonomisation sexuelle par le biais d’une analyse factorielle confirmatoire. Les scores globaux des mesures validées ont fait l’objet d’une analyse descriptive selon les contextes.
Résultats : Les modèles finaux confirment la structure théorique de l’échelle d’autonomisation sexuelle, qui comprend deux dimensions : « l’existence du choix » et « l’exercice du choix », chacune composée de trois items, avec une cohérence interne modérée comprise entre 0,59 et 0,69. Les charges factorielles, l’adéquation du modèle et le pourcentage de concordance variaient au Rajasthan (Inde) par rapport aux contextes d’Afrique subsaharienne. Des variations marquées ont été observées d’un site à l’autre dans la perception qu’ont les femmes de la réaction de leur partenaire face à un refus de rapport sexuel, ainsi que dans leur propre confiance à exprimer clairement quand elles souhaitent ou ne souhaitent pas avoir de rapport sexuel.
Conclusions : Cet outil a été développé en Afrique subsaharienne et s’avère efficace pour la population à laquelle il est destiné ; toutefois, ses résultats ne peuvent être extrapolés à d’autres contextes. Afin de saisir pleinement la nature dynamique de l’autonomisation sexuelle, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer cet outil dans différentes cultures et sur la durée. Sa validation dans des contextes variés ouvre la voie à une analyse globale de la santé sexuelle positive, y compris des facteurs qui favorisent l’autonomisation sexuelle et les droits des femmes.