Contexte
L'initiative « Family Planning 2020 » (FP2020), lancée lors du Sommet de Londres sur la planification familiale en 2012, vise à permettre à 120 millions de femmes supplémentaires d'avoir accès à des méthodes contraceptives modernes d'ici 2020 dans les 69 pays les plus pauvres du monde. Pour atteindre cet objectif, il faudra presque doubler le taux de croissance annuel des taux de prévalence des contraceptifs modernes observé avant 2012, en le faisant passer d’environ 0,7 à 1,4 point de pourcentage. Nous avons examiné les tendances post-sommet des taux de prévalence des contraceptifs modernes dans neuf contextes répartis dans huit pays d’Afrique subsaharienne (Burkina Faso ; Kinshasa, en République démocratique du Congo ; Éthiopie ; Ghana ; Kenya ; Niamey, au Niger ; Kaduna, au Nigeria ; Lagos, au Nigeria ; et Ouganda). Ces contextes représentent près de 73 % de la population des 18 pays de la région ayant initialement pris des engagements dans le cadre de FP2020.
Méthodes
Nous avons utilisé les données issues de 45 vagues d’enquêtes « Performance Monitoring and Accountability 2020 » (PMA2020), toutes menées après 2012, afin de déterminer les tendances des taux de prévalence des contraceptifs modernes chez l’ensemble des femmes âgées de 15 à 49 ans et chez toutes les femmes de cette tranche d’âge mariées ou vivant en concubinage. Les analyses ont été réalisées au niveau national dans cinq pays (Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Kenya et Ouganda) et dans certaines régions à forte densité de population de trois pays (République démocratique du Congo, Niger et Nigeria). Nous avons inclus parmi les méthodes contraceptives modernes : la pilule orale, les dispositifs intra-utérins, les contraceptifs injectables, la stérilisation masculine et féminine, les implants, le préservatif, la méthode de l’aménorrhée de l’allaitement, les méthodes de barrière vaginales, la contraception d’urgence et la méthode des jours fixes. Nous avons ajusté des modèles de régression logistique linéaires et quadratiques basés sur la conception de l’étude et estimé le taux annuel de variation des taux de prévalence des contraceptifs modernes pour chaque contexte national à partir des effets marginaux moyens des modèles ajustés (exprimés en points de pourcentage absolus). De plus, nous avons réalisé une méta-analyse à effets aléatoires afin de synthétiser les résultats globaux pour les pays du programme PMA2020.
Résultats
Les taux annuels de variation des taux de prévalence de la contraception moderne chez l’ensemble des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) variaient de 0,77 point de pourcentage (IC à 95 % : −0,73 à 2,28) à Lagos, au Nigeria, à 3,64 points de pourcentage (2,81 à 4,47) au Ghana, selon le modèle quadratique. Le taux de variation était également élevé (> 1,4 point de pourcentage) au Burkina Faso, à Kinshasa (République démocratique du Congo), à Kaduna (Nigéria) et en Ouganda. Bien que l’utilisation de la contraception ait augmenté rapidement en Éthiopie pendant la période précédant le Sommet, nos résultats suggèrent que le taux de croissance annuel a récemment marqué le pas (0,92 point de pourcentage, IC à 95 % : −0,23 à 2,07) selon le modèle linéaire. D’après la méta-analyse, le taux de variation annuel moyen pondéré global des taux de prévalence de la contraception moderne chez l’ensemble des femmes dans les neuf contextes était de 1,92 point de pourcentage (IC à 95 % : 1,14 à 2,70). Chez les femmes mariées ou vivant en concubinage, les taux de variation annuels étaient plus élevés dans la plupart des contextes, et la moyenne pondérée globale s’élevait à 2,25 points de pourcentage (IC à 95 % : 1,37–3,13).
Publications et ressources du WHGI
Évolution des taux de prévalence contraceptive en Afrique subsaharienne depuis le Sommet de Londres sur la planification familiale de 2012 : résultats d'enquêtes transversales répétées
Auteurs : Prof. Saifuddin Ahmed, doc. ∙ Yoonjoung Choi, DrPH ∙ Jose G. Rimon, MA ∙ Souleymane Alzouma, DESS ∙ Peter Gichangi, doc. ∙ Georges Guiella, doc. ∙ Patrick Kayembe, doc. ∙ Simon P. Kibira, doc. ∙ Fredrick Makumbi, doctorant ∙ Funmilola OlaOlorun, doc. ∙ Elizabeth Omoluabi, PhDd ∙ Easmon Otupiri, PhD ∙ Sani Oumarou, DESS ∙ Assefa Seme, MD ∙ Solomon Shiferaw, PhD ∙ Philip Anglewicz, PhD ∙ Scott Radloff, PhD ∙ Amy Tsui, PhD
Année de publication : 2019
Lien vers le fichier : https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(19)30200-1/fulltext