Résumé :
Contexte : L'accès universel à des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) de qualité est essentiel pour garantir l'égalité des sexes. Dans les pays à revenu élevé, il a été démontré que les interactions entre le patient et le prestataire influencent les décisions des femmes en matière de contraception, de mauvais échanges diminuant l'utilisation des méthodes et la satisfaction. Bien que des progrès significatifs aient été réalisés pour améliorer l'accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive, dans les pays à revenu faible et intermédiaire, on sait peu de choses sur la qualité des interactions entre le patient et le prestataire de services de planification familiale. L'objectif principal de cette analyse était d'explorer le rôle des prestataires de soins de santé dans la prise de décision des femmes en matière de planification familiale en Éthiopie.
Méthodes : De juillet à août 2017, 10 discussions de groupe (n = 80) et 30 entretiens approfondis ont été menés avec des femmes âgées de 15 à 49 ans et des hommes âgés de 18 ans et plus, recrutés par échantillonnage raisonné dans des sites urbains et ruraux en Éthiopie. Des guides d'entretien semi-structurés ont exploré l'autonomisation des femmes et des filles en matière de SSR concernant la sexualité, la procréation et la contraception. Tous les entretiens ont été menés en amharique, enregistrés et transcrits verbatim en anglais. Une analyse thématique inductive a été utilisée pour analyser les données. Onze codes spécifiques aux services de planification familiale ont été examinés et des matrices ont été créées pour la synthèse.
Résultats : Trois thèmes principaux ont émergé : le rôle des prestataires dans la sensibilisation des femmes et la demande de services de planification familiale ; la sélection et l'adoption de méthodes contraceptives ; et l'abandon et le changement de méthodes contraceptives. Les résultats indiquent que les agents de vulgarisation sanitaire ont joué un rôle central dans la sensibilisation des femmes à la planification familiale, et que l'approbation des prestataires de santé a joué un rôle déterminant dans la décision d'adopter des méthodes. La majorité des personnes interrogées ont décrit des interactions positives avec les prestataires et ont apprécié les conseils approfondis lorsqu'elles envisageaient d'utiliser ou de changer de méthode. Toutefois, certaines femmes ont indiqué que les prestataires de santé les avaient orientées vers des méthodes à longue durée d'action en leur communiquant des informations inexactes ou en soulignant les inconvénients des méthodes à courte durée d'action. Quelques femmes ont décrit la réticence ou la résistance des prestataires à changer de méthode, en particulier pour les implants.
Conclusions : Les femmes ont partagé de nombreux récits sur le rôle central que les prestataires de soins ont joué dans leur prise de conscience et leur prise de décision en matière de planification familiale. Ces récits incluaient également les préjugés des prestataires à l'encontre des méthodes préférées des femmes. D'autres recherches et évaluations de programmes sont nécessaires pour déterminer dans quelle mesure ces préjugés entravent l'autonomie décisionnelle des femmes en matière de contraception.
Mots-clés : Contraception, Préférences, Autonomisation, Prestataire de santé, Préjugé du prestataire
