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Régulation menstruelle : analyse de l'incidence, des méthodes et des sources de soins liés à cette pratique de santé peu étudiée dans trois contextes, à l'aide d'enquêtes transversales menées auprès de la population

Auteurs : Suzanne Bell, Caroline Moreau

Année de publication : 2023

Lien vers le fichier : https://doi.org/10.1186/s12905-023-02216-3

Contexte : La régulation menstruelle est une pratique qui peut s’inscrire dans le cadre de l’incertitude entourant le statut de grossesse d’une personne et qui a fait l’objet de peu de recherches. L’objectif de cette étude est de mesurer le taux annuel de régulation menstruelle au Nigeria, en Côte d’Ivoire et au Rajasthan (Inde), tant globalement qu’en fonction des caractéristiques sociodémographiques, et de décrire les méthodes et les ressources utilisées par les femmes pour déclencher leurs règles.

Méthodes : Les données proviennent d’enquêtes menées auprès de la population féminine âgée de 15 à 49 ans dans chaque contexte. Outre les questions portant sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes, leurs antécédents reproductifs et leurs expériences en matière de contraception, les enquêteurs ont demandé aux femmes si elles avaient déjà pris des mesures pour déclencher leurs règles lorsqu’elles craignaient d’être enceintes et, le cas échéant, à quel moment cela s’était produit et quelles méthodes et sources elles avaient utilisées. Au total, 11 106 femmes en âge de procréer ont répondu à l’enquête au Nigeria, 2 738 en Côte d’Ivoire et 5 832 au Rajasthan. Nous avons calculé l’incidence sur un an de la régulation menstruelle, globalement et en fonction des caractéristiques sociodémographiques des femmes, séparément pour chaque contexte, à l’aide de tests de Wald ajustés afin d’évaluer la significativité. Nous avons ensuite examiné la répartition des méthodes et des sources de régulation menstruelle à l’aide d’analyses univariées. Les catégories de méthodes comprenaient la chirurgie, les pilules abortives, d’autres pilules (y compris celles dont la nature était inconnue) et les méthodes traditionnelles ou « autres ». Les catégories de sources comprenaient les établissements publics ou les services mobiles publics, les établissements privés ou non gouvernementaux ou les médecins, les pharmacies et les sources traditionnelles ou « autres ».

Résultats : Les résultats indiquent des niveaux importants de régulation menstruelle en Afrique de l’Ouest, avec un taux d’incidence sur un an de 22,6 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans au Nigeria et de 20,6 pour 1 000 en Côte d’Ivoire ; au Rajasthan, les femmes n’ont déclaré que 3,3 pour 1 000. La régulation des cycles menstruels faisait principalement appel à des méthodes traditionnelles ou « autres » au Nigeria (47,8 %), en Côte d’Ivoire (70,0 %) et au Rajasthan (37,6 %), ainsi qu’à des sources traditionnelles ou « autres » (respectivement 49,4 %, 77,2 % et 40,1 %).

Conclusions : Ces résultats suggèrent que la régulation menstruelle n’est pas rare dans ces contextes et qu’elle peut présenter un risque pour la santé des femmes, compte tenu des méthodes et des sources utilisées qui ont été signalées. Ces résultats ont des implications pour la recherche sur l’avortement et pour notre compréhension de la manière dont les femmes gèrent leur fertilité.