Contexte : Au cours des 30 années qui ont suivi la Conférence internationale sur la population et le développement de 1994, aucun consensus clair ne s’est dégagé sur la meilleure façon de mesurer le recours à la contraception au niveau de la population et l’impact des programmes de planification familiale. Les indicateurs largement utilisés ont évolué relativement lentement, et certains vont à l’encontre d’une approche fondée sur les droits et centrée sur la personne, qui met l’accent sur les préférences contraceptives exprimées par les individus eux-mêmes.
Méthodes : Dans ce rapport, nous décrivons l’utilisation d’un indicateur de planification familiale peu étudié — l’intention exprimée par les femmes d’utiliser (ITU) des contraceptifs au cours de l’année à venir — et nous explorons ses implications pour les comparaisons standardisées à l’échelle de la population et les programmes de planification familiale, en nous appuyant sur les données du programme « Performance Monitoring for Action » (PMFA) dans 10 zones géographiques à revenus faibles et intermédiaires. Plus précisément, nous évaluons dans quelle mesure l’intention d’utilisation reflète les besoins contraceptifs à court terme des femmes et en quoi elle diffère de la mesure traditionnelle de la demande que constitue le « besoin non satisfait ».
Résultats : En nous appuyant sur l’indicateur « demande satisfaite » — qui découle lui-même du concept de « besoin non satisfait » —, nous proposons un nouvel indicateur centré sur la personne, l’« intention satisfaite », afin de fournir des estimations ponctuelles de l’utilisation contraceptive au niveau de la population qui correspondent davantage aux besoins exprimés par les femmes.
Conclusions : Nous abordons également les limites de l’indicateur « intention satisfaite » et formulons des recommandations concernant les efforts à mener en matière de données afin d’améliorer cet indicateur et d’intégrer l’ITU parmi les indicateurs de planification familiale systématiquement communiqués.