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Fécondité et évolution des pratiques contraceptives dans le contexte de la COVID-19 : qui est le plus exposé au risque de grossesse non désirée au sein d'une cohorte d'adolescents et de jeunes adultes à Nairobi, au Kenya ?

Auteurs : Shannon Wood

Année de publication : 2023

Lien vers le fichier : https://doi.org/10.1136/bmjopen-2022-068689

Contexte : Chez les jeunes de Nairobi, nous avons (1) caractérisé les dynamiques de fécondité et d’utilisation des contraceptifs par sexe ; (2) estimé la prévalence des grossesses pendant la pandémie ; et (3) évalué les facteurs associés aux grossesses non désirées chez les jeunes femmes pendant la pandémie.

Méthodes : Conception : Les analyses longitudinales s’appuient sur des données de cohorte recueillies à trois moments distincts, avant et pendant la pandémie de COVID-19 : de juin à août 2019 (période prépandémique), d’août à octobre 2020 (suivi à 12 mois) et d’avril à mai 2021 (suivi à 18 mois). Contexte : Nairobi, au Kenya. Participants : lors du recrutement initial de la cohorte, les jeunes éligibles étaient âgés de 15 à 24 ans, célibataires et résidant à Nairobi depuis au moins un an. Les analyses intra-temporelles ont été limitées aux participants disposant de données d’enquête pour chaque cycle ; les analyses de tendance et prospectives ont été limitées à ceux disposant de données complètes aux trois moments d’observation (n = 586 jeunes hommes, n = 589 jeunes femmes). Critères d’évaluation principaux et secondaires : les critères d’évaluation principaux comprenaient la fécondité et l’utilisation de contraceptifs pour les deux sexes, ainsi que la grossesse chez les jeunes femmes. Une grossesse non désirée liée à la pandémie (évaluée lors du suivi à 18 mois) était définie comme une grossesse en cours ou survenue au cours des six derniers mois, alors que la jeune femme avait l’intention, lors de l’enquête de 2020, de retarder sa grossesse de plus d’un an.

Résultats : Alors que les intentions en matière de fécondité sont restées stables, la dynamique contraceptive a varié selon le sexe : les jeunes hommes ont à la fois adopté et abandonné des méthodes dépendantes des rapports sexuels, tandis que les jeunes femmes ont adopté des méthodes dépendantes des rapports sexuels ou à courte durée d’action lors du suivi à 12 mois (2020). Le taux de grossesse en cours était le plus élevé en 2020 (4,8 %), et s’élevait à environ 2 % en 2019 et 2021. La prévalence des grossesses non désirées liées à la pandémie était de 6,1 %, avec un risque accru chez les jeunes femmes récemment mariées (rapport de cotes ajusté (RCa) = 3,79 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % : 1,83-7,86) ; l’utilisation récente d’une méthode contraceptive constituait un facteur de protection contre les grossesses non désirées liées à la pandémie (RCa = 0,23 ; IC à 95 % : 0,11-0,47).

Conclusions : À Nairobi, le nombre de grossesses en cours a atteint son niveau le plus élevé au plus fort de la pandémie de COVID-19 (2020), puis est revenu aux niveaux d’avant la pandémie lors de la collecte des données de 2021 ; toutefois, une surveillance continue s’impose. Les nouveaux mariages ont représenté un risque considérable de grossesse non désirée pendant la pandémie. L’utilisation de moyens de contraception reste une stratégie préventive essentielle pour éviter les grossesses non désirées, en particulier chez les jeunes femmes mariées.